Aller au contenu

8

Dans un article sur mon blog en langue anglaise, je reviens sur des événements très récents dans la diffusion de l'information de sécurité et leur utilisation par les délinquants numériques. En résumé:

  • Une mise à jour de Java est publiée le 16 avril
  • Le 17 avril des articles de sécurité publient certaines méthodes d'exploitation des vulnérabilités corrigées
  • Dès le 21 avril on voit dans la nature des plateformes d'exploit (voir l'article de ce blog sur la diffusion des virus) qui utilisent ces vulnérabilités de façon massive
  • Une méthode de contournement du message d'avertissement qu'affiche normalement Java avant d'exécuter une application est utilisée. Il en résulte ces derniers jours un doublement du taux de machines ciblées pour lesquelles l'attaque fonctionne (atteignant des taux de 20%).
Message d'avertissement de Java qui est contourné par certaines attaques de plateformes d'exploit actuellement.
Message d'avertissement de Java qui est contourné par certaines attaques de plateformes d'exploit actuellement.

Conclusion:

  • Vérifiez que votre installation de Java est à jour, et si vous n'en avez pas besoin désactivez Java dans votre navigateur (article de Slate vous guidant pour cette désactivation). L'ANSSI publiait il y a quelques jours un guide sur la sécurité des environnements d'exécution Java sur les postes de travail, plutôt destiné à un public professionnel.
  • Il est grand temps que la communauté de la sécurité réfléchisse un peu plus avant à la diffusion de l'information sur les vulnérabilités et sa coordination avec l'information du public sur les risques.
  • A quand un service de "météo" de la sécurité des ordinateurs personnels?

L'article en anglais contient quelques détails supplémentaires.

Suite à un reportage ce soir sur M6, dans l'émission Capital, quelques conseils:

  • Cela peut paraître évident, mais parfois certains tombent dans le piège: si vous recevez un courrier électronique d'une entreprise dont vous n'êtes pas client et qui vous parle de problèmes avec votre compte, ce n'est forcément pas légitime et le plus souvent ce sera une tentative de hameçonnage.
  • Si c'est une entreprise dont vous êtes client ou une administration que vous connaissez, faites attention au lien sur lequel vous êtes invité à cliquer (il apparaît en général lorsque vous passez votre souris au-dessus du lien lorsque vous cliquez). Dans certains cas, le lien aura l'air légitime, mais une fois que vous aurez cliqué dessus c'est sur un tout autre site que vous serez redirigé. Si vous avez un doute, n'hésitez pas à taper vous-même l'adresse que vous connaissez déjà, par exemple avec le favori que vous avez mémorisé dans votre navigateur.
  • Attention, contrairement à ce qui était dit à la fin du reportage, ce n'est pas parce que le site est en https:// que vous êtes en sécurité contre un hameçonnage. Si le site malveillant utilise ce protocole de sécurisation, vos données seront sécurisées entre votre ordinateur et le site de l'escroc, mais tomberont bien dans les mains de l'escroc. Il est rare de rencontrer des sites de hameçonnage hébergés de cette façon-là, mais ils existent bien.
  • Une fois connecté sur un site, une dernière caractéristique du hameçonnage est qu'on vous demande parfois beaucoup plus d'informations que celles auxquelles vous avez l'habitude de répondre.
hameconnage-caf
Exemple de site Web de hameçonnage se faisant passer pour la CAF avec beaucoup de questions (code postal, identifiant, code personnel et date de naissance)
  • Enfin, certains hameçonnages sont plus rudimentaires et vous demandent carrément de fournir des informations confidentielles par retour de courrier électronique. N'y répondez pas !

Quelques réactions utiles pour vous protéger et aider à protéger les autres:

  • Vérifiez régulièrement vos comptes bancaires et si vous avez accès à des options gratuites qui vous avertissent par SMS lors de transactions qui dépassent votre découvert autorisé, n'hésitez pas à en profiter.
  • Les grandes marques agissent suite à vos signalements et un courrier électronique à l'adresse abuse@(domaine de la marque) est très souvent traité rapidement, comme il est indiqué dans le reportage pour l'adresse abuse@orange.fr
  • Les courriers électroniques de hameçonnage peuvent être transmis à Signal Spam pour mieux lutter contre leur diffusion.
  • Les URL (l'adresse du site Web) de hameçonnage peuvent être signalées à Phishing-Initiative. Ils seront vérifiés et ensuite rapidement bloqués dans un grand nombre de navigateurs Web (Internet Explorer, Firefox et Chrome). L'équipe de Phishing Initiative tient un blog où vous trouverez des exemples de hameçonnage.
  • Enfin, en cas de doute, vous pouvez contacter le service client de l'entreprise concernée ou recueillir des conseils auprès du numéro Info-Escroqueries mis en place par le ministère de l'Intérieur: 0811 02 02 17.

Malheureusement, on se fait parfois avoir. Dans ces cas-là, signalez rapidement l'information à votre banque. Vous pouvez aussi déposer plainte. Dans ce cas, gagnez du temps et fournissez en même temps tous les éléments qui seront utiles (relevés de compte, références de votre abonnement Internet, copies d'écran des courriers électroniques et pages de hameçonnage si vous les avez encore - dans l'idéal les codes source de ces informations, Signal Spam vous explique comment obtenir le code source des courriers électroniques en bas de cette page et pour les pages Web, la commande commune à la plupart des navigateurs Web est Ctrl+U / Pomme+U sous MacOS ou encore grâce à une fonction du menu qui apparaît avec un clic droit de la souris).