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Au journal officiel de ce matin, un certain nombre de postes d'officiers de gendarmerie commissionnés ont été publiés. Ils pourraient notamment intéresser des étudiants en fin de master 2, écoles d'ingénieurs ou en fin de doctorat selon les cas. Evidemment des profils avec plus d'expérience sont aussi les bienvenus. Le troisième poste n'est pas spécifiquement dans la cybersécurité ou la cybercriminalité, mais peut intéresser des profils similaires.

JORF n°0073 du 27 mars 2015 MINISTERE DE L'INTERIEUR

  • Avis de vacance d'un emploi d'expert de haut niveau en technologies numériques assistant au département informatique électronique du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale à Pontoise (95) (Nota: pour ce poste vous pouvez écrire sur l'adresse pascal(point)cheylan(at)gendarmerie(point)interieur(point)gouv(point)fr)
    http://legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000030401957&dateTexte=&categorieLien=id
  • Avis de vacance d'emplois de chargé de projet et de développement, expert en investigations numériques et en sciences des données, de la division de lutte contre la cybercriminalité, du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale à Pontoise (95)
    http://legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000030401963&dateTexte=&categorieLien=id
  • Avis de vacance d'emplois de chargé de projet et de développement, expert en investigations numériques et en sciences des données à la division analyse et investigation criminelles du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale à Pontoise (95)
    http://legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000030401969&dateTexte=&categorieLien=id
  • Avis de vacance d'un emploi d'expert en investigation numérique et en sciences des données au sein du Service des technologies et des systèmes d'information de la sécurité intérieure à la direction générale de la gendarmerie nationale à Issy-les-Moulineaux (92)
    http://legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000030401975&dateTexte=&categorieLien=id

La gendarmerie nationale forme ses enquêteurs dans de nombreux domaines: la délinquance économique et financière, les atteintes à l'environnement et à la santé publique, l'analyse criminelle, etc.

Depuis 2001, après une première phase expérimentale, son centre national de formation de la police judiciaire (CNFPJ à Fontainebleau) accueille des stagiaires dans le domaine de la lutte contre la cybercriminalité: les enquêteurs "NTECH" ou "enquêteurs en technologies numériques".

Progressivement cette formation s'est enrichie et en 2005 un partenariat fut noué avec l'université de technologie de Troyes, avec la création d'un diplôme d'université et la réalisation d'une partie des cours à Troyes. D'autres partenariats existent déjà, par exemple avec l'université de Strasbourg pour la formation en délinquance économique et financière. Le partenariat avec l'UTT permet d'ores et déjà aux gendarmes NTECH les plus expérimentés d'accéder au Master SSI de cette université.

Dans le même temps, des projets successifs, financés par l'Union européenne, ont permis (toujours depuis 2001) aux services spécialisés des différents états membres de l'Union Européenne d'échanger sur des bonnes pratiques en matière de formation à la lutte contre la cybercriminalité. La gendarmerie nationale a participé à ces travaux depuis le début. Ils ont permis de développer ensemble des modules de formation (comme celui sur l'analyse forensique des systèmes vivants que j'évoquais en 2009). Ils ont aussi conduit à définir ensemble une stratégie visant à développer les partenariats académiques pour ces formations et ainsi les enrichir et les consolider. Ce travail collectif se poursuit depuis 2007 dans le cadre de l'European cybercrime training and education group (site Web en cours de développement).

Ce travail commun a permis à la gendarmerie nationale et à l'UTT de construire aujourd'hui ensemble une véritable formation diplômante, reconnue depuis cette année par le Ministère de l'Education Nationale, la licence professionnelle d'Enquêteur en technologies numériques. Ainsi, chaque année dorénavant, la vingtaine de stagiaires qui finalisent avec succès l'ensemble des modules théoriques et pratiques recevront une licence professionnelle. Les premiers concernés feront leur rentrée le 17 janvier prochain à Fontainebleau et poursuivront leur année de formation en alternant les séjours à l'UTT avec ceux réalisés au CNFPJ, des modules de formation à distance, les travaux pratiques dans leurs unités et pour finir la rédaction d'un mémoire.

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(image sur le site de la gendarmerie nationale)

J'évite de trop personnaliser les témoignages que j'apporte sur ce blog, mais la rentrée m'a contraint à rester silencieux pendant plusieurs semaines, non pas par manque d'inspiration, mais emporté que j'étais par mes nouvelles tâches.

En effet, depuis le 16 août, j'ai eu l'honneur de rejoindre la tête de la Division de lutte contre la cybercriminalité (DLCC) du Service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRJD) de la gendarmerie nationale à Rosny-sous-Bois. J'ai donc été très occupé par ces nouvelles responsabilités et me suis presqu'entièrement consacré à celles-ci.

Je ne révélerai évidemment pas les détails des affaires que nous traitons au quotidien, mais je profite de ma petite tribune pour vous présenter mon unité. L'histoire de la DLCC remonte à 1998. A l'époque, je travaillais à proximité dans le Fort de Rosny-sous-Bois, ayant rejoint depuis peu l'équipe du département informatique et électronique de l'institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN).

Le STRJD est le service chargé, pour la gendarmerie, d'administrer l'information judiciaire, de faire circuler et traiter les messages de demande de rapprochement et de gérer les bases de données qui permettent ces rapprochements (en particulier Judex ou le fichier automatisé des empreintes digitales pour la gendarmerie). Son relais sur le terrain est constitué par les brigades départementales de renseignement et d'investigation judiciaire (BDRIJ).

Au sein du STRJD donc a été constituée en 1998 une équipe chargée de débusquer les infractions sur les réseaux ouverts au public. Depuis, cette équipe a crû progressivement pour atteindre l'organisation actuelle:

  • le département de répression des atteintes aux mineurs sur Internet (RAMI),
  • le département des investigations sur Internet (D2I), à vocation plus généraliste,
  • le département soutien et appui.

Au sein du RAMI, on retrouve le centre national d'analyse des images de pédopornographie (CNAIP), dont les missions ont été fixées par un arrêté du 30 mars 2009.

Enfin, au sein du département soutien et appui, a été placé le guichet unique téléphonie et Internet (GUTI) chargé de faciliter au quotidien les relations entre les enquêteurs de la gendarmerie nationale et les opérateurs de communications électroniques.

Les relais de l'action de la DLCC sur le terrain sont des enquêteurs en technologies numériques (NTECH) de toute la France qui, chacun dans leur région, mènent les investigations sur Internet qui toujours trouvent un prolongement hors de l'Internet.

J'espère passer quelques années passionnantes à ce poste !