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22h15 hier soir, la lumière se rallume doucement dans la plus grande salle du Forum des Halles pendant que le générique de fin défile, dans un silence presque total. Le public est scotché dans les fauteuils. Deux heures viennent de s'écouler où nous avons partagé une année de tensions, d'action, d'auditions, de nausées, de franches rigolades, de crises de nerfs, d'élans d'amitié, de détresses humaines, de familles blessées, des regards d'enfants heureux malgré tout et d'adolescents souvent paumés.

Cerise sur le gâteau, Maïwenn entre dans la salle, inquiète de savoir pourquoi le public se déplace si nombreux pour voir son film. Les réponses fusent: les acteurs (JoeyStarr mais les autres aussi), le sujet, l'affiche... Pourquoi ils ont aimé ce soir: l'absence de parti pris, les qualités cinématographiques, les acteurs formidables.

J'allais voir ce film avec à la fois un grand intérêt, comme à chaque fois qu'un film parle de notre travail ou du travail de nos collègues, avec des acteurs que j'aime beaucoup (Marina Foïs est exceptionnelle ici encore) et quelques inquiétudes (Joeystarr en flic je n'y croyais pas trop). J'en suis ressorti - et je le suis toujours ce matin - sous le charme, estomaqué, presque retourné.

On y retrouve ce pourquoi on fait ce genre de métiers: le service du public, le contact avec la vraie vie et l'impact concret que l'on peut avoir sur la vie des gens, le travail en équipe, la richesse des relations en général et peut-être le goût pour une matière à la fois technique et humaine. Mais ce film est encore plus riche que cela, un véritable travail d'observation sur l'humain et la société aujourd'hui, au travers du prisme de ce groupe de la brigade de protection des mineurs, fictionnel et en même temps tellement réaliste.

Si vous devez voir un film en ce moment, c'est celui-ci, vous ne le regretterez pas.

Note pour mes lecteurs habituels: le scénario n'est pas centré sur les aspects numériques de ce travail de policiers d'une brigade de protection des mineurs, même s'ils sont évoqués. N'y allez donc pas pour ça, mais réellement pour voir un très beau film sur ces métiers et notre société.

Les Assises de la sécurité et des systèmes d'information se tenaient cette année encore à Monaco du 05 au 08 octobre 2011. Une belle réussite grâce aux organisateurs évidemment (DG Consultants), les sponsors et exposants et les très nombreux participants.

Le programme des ateliers, tables rondes et conférences étaient particulièrement denses, aussi ne peut-on assister à toutes évidemment. Les sujets qui ont le plus été discutés: le cloud computing, IPv6, BYOD (apporte ton propre équipement, une tendance qui semblerait se développer et qui pose des problèmes de sécurité) et un fort penchant pour le mot "cybercriminalité" dans le vocabulaire utilisé par les professionnels, en lieu et place des simples "risques" et "menaces".

Quelques présentations auxquelles j'ai assisté:

- Sogeti présentait les travaux de Guillaume Delugré, un des chercheurs de l'ESEC, sur la possibilité d'attaques dans les architectures en nuage à cause du partage de la mémoire vive sur les serveurs eux-mêmes entre plusieurs machines virtuelles (ces résultats avaient été présentés à Hack.lu 2010) ;

- Orange faisait le point sur le déploiement d'IPv6 en pratique (Christian Jacquenet) et les solutions aux problèmes de sécurité que cela pose ;

- Nicolas Brulez (@nicolasbrulez) de Kaspersky a fait une présentation sur l'état de l'art des malwares bancaires ;

- Stonesoft propose à la communauté de partager sur les "Advanced evasion techniques" qui permettent à des attaques déjà connues et souvent détectées par les solutions de sécurité actuelles d'être camouflées ; ils ont décrit ces techniques dans une annonce faite par le CERT-FI et proposent une plateforme d'information sur ce sujet.

- Une table ronde était consacrée à la classification de l'information au sein de l'entreprise. Il s'agit avant tout de mettre en place des mesures adaptées à chaque classe d'information à protéger en prenant aussi bien en compte les impératifs légaux (données à caractère personnel, données médicales, etc.) que la nécessité de protéger le patrimoine informationnel de l'entreprise. Les témoins présents ont fait état d'un processus souvent difficile - en tous cas nécessitant une perpétuelle mise à jour, aboutissant en général à 4 ou 5 niveaux de protection. Ce travail devra nécessairement prendre en compte les évolutions récentes de la législation (notification obligatoire des incidents de sécurité concernant des traitements de données à caractère personnel) ou futures (comme le texte qui serait proposé prochainement sur la protection du secret des affaires).

Enfin, Myriam Quémener et moi-même présentions une table ronde sur les perquisitions en entreprise, avec le soutien du Clusif. Un document sera bientôt publié sur le site du Clusif pour résumer les principaux points de nos présentations.

Pour la clôture des Assises, Patrick Pailloux a présenté le nouveau logo de l'ANSSI dont il assure la direction et lancé un message fort vers la communauté de la sécurité informationnelle.